Lean RH

Aucun engouement pour le travail au bureau

Selon un sondage auprès de jeunes professionnels Read it in English


Photo : Martin Chamberland, Archives La Presse
Photo : Martin Chamberland, Archives La Presse

Source : La Presse | Isabelle Dubé

Seulement 1 % des jeunes professionnels veulent retourner travailler au bureau à temps complet et la grande majorité n’envisagent pas de démissionner. Ces résultats surprenants proviennent de la nouvelle étude du Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec (RJCCQ) dévoilée ce jeudi.


Alors qu’au début de la pandémie, le télétravail forcé ne faisait pas l’unanimité, force est de constater qu’à l’usage, il trouve de plus en plus d’adeptes. Déjà en août 2021, lors de la première étude du RJCCQ, seulement 11 % voulaient retourner au bureau à temps complet. Ils ne sont dorénavant que 1 %.

Le Regroupement observe un monde du travail en évolution constante. Si, en janvier 2022, 45 % des jeunes professionnels de 16 à 35 ans souhaitaient travailler en tout temps de la maison, ce nombre grimpe maintenant à 66 % tandis que 33 % désirent un modèle hybride.

« On se dirige clairement vers la fin du travail en tout temps au bureau pour les deux nouvelles générations », affirme en entrevue Pierre Graff, PDG du Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec (RJCCQ).

Les résultats démontrent que le retour au bureau en modèle hybride, un jour ou plusieurs jours par semaine, n’a réussi ni à changer les habitudes des jeunes ni à les convaincre des bienfaits de la présence sur leur lieu de travail, explique-t-il. « Au contraire, maintenant, ils veulent être tout le temps à la maison dans deux cas sur trois. C’est quelque chose qui m’a frappé. »

La Grande Démission n’a pas eu lieu

Pendant la pandémie, beaucoup de travailleurs disaient envisager de vérifier si le gazon était plus vert chez l’employeur d’à côté. « On voulait en savoir plus sur la thématique de la Grande Démission un an plus tard, affirme Pierre Graff, car ce qui faisait la une des journaux il y a un an s’est matérialisé au sud de la frontière. Pour le Québec, on a eu une statistique qui reflétait une réalité beaucoup moins inquiétante que ce à quoi on pouvait s’attendre. »

Ainsi, 75 % des répondants n’ont pas l’intention de quitter l’emploi qu’ils occupent actuellement au cours de la prochaine année. Cependant, 47 % pourraient le faire au cours des cinq prochaines années pour aller relever de nouveaux défis. Contrairement au cliché véhiculé à propos des jeunes, 84 % apprécient la stabilité de leur emploi, selon l’étude.


Montrez-moi l’argent, s’il vous plaît !

Sur le plan des conditions de travail, la tendance reste la même, observe Pierre Graff. Même avant l’arrivée de l’inflation, les jeunes souhaitaient avoir des salaires plus élevés plutôt que des avantages sociaux. Actuellement, la majorité des jeunes professionnels (63 %) préféreraient avoir une augmentation de salaire de valeur équivalente au coût de leurs assurances, plutôt que d’avoir des assurances collectives, indique l’étude. « Le salaire reste la chose la plus importante pour les jeunes professionnels », souligne-t-il.

« Dans les anciens sondages, on remarquait qu’il y avait un intérêt de garder les acquis des générations précédentes, poursuit Pierre Graff. Il y a maintenant une volonté d’avoir encore plus d’argent même si on doit se priver de ce type d’avantages. »

Le RJCCQ prévoit sonder les jeunes professionnels avec des enfants pour vérifier si la tendance sera différente.

Carriéristes en déclin

La pandémie a fait réaliser à certains qu’un équilibre entre vie professionnelle et personnelle s’avérait meilleur pour la santé. La majorité des jeunes de 16 à 35 ans, soit 62 %, disent maintenant donner la priorité à leur vie personnelle. « On avait été surpris dans le deuxième sondage, en janvier 2022, par la proportion que prenait la vie personnelle sur la carrière, et c’est resté stable, explique-t-il. Seulement 6 % des gens sont carriéristes et feront tout pour avancer. »

« Forcément, les employeurs qui vous appellent à minuit ou qui veulent que vous travailliez la fin de semaine auront moins bonne presse dans les années à venir auprès de cette clientèle-là », conclut-il.


 

No one is eager to go back to the office

According to a survey of young professionals


Photo : Martin Chamberland, Archives La Presse
Photo : Martin Chamberland, Archives La Presse

Source : La Presse | Isabelle Dubé

Only 1% of young professionals want to return to work full-time in the office and the vast majority do not plan to quit. These surprising results come from the new study by the Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec (RJCCQ) unveiled on Thursday.


While at the start of the pandemic, forced teleworking was not unanimous, it is clear that in use, it is finding more and more followers. Already in August 2021, during the first RJCCQ study, only 11% wanted to return to the office full-time. They are now only 1%.

The Regroupement observes a world of work in constant evolution. If in January 2022, 45% of young professionals aged 16 to 35 wanted to work from home at all times, this number now climbs to 66% while 33% want a hybrid model.


"We are clearly heading towards the end of working at all times in the office for the two new generations," said Pierre Graff, CEO of the Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec (RJCCQ) in an interview.


The results show that returning to the office in a hybrid model, one day or several days a week, has succeeded neither in changing the habits of young people nor in convincing them of the benefits of being present in their workplace, he explains. “On the contrary, now they want to be at home all the time in two out of three cases. It was something that struck me. »


The Great Resignation did not take place

During the pandemic, many workers said they were considering checking to see if the grass was greener at the employer next door. “We wanted to know more about the idea of the Great Resignation a year later, says Pierre Graff, because what made the headlines a year ago materialized south of the border. For Québec, we had a statistic that reflected a reality that was much less worrying than we might have expected. »


Thus, 75% of respondents have no intention of leaving their current job in the next year. However, 47% could do so in the next five years to take on new challenges. Contrary to the cliché conveyed about young people, 84% appreciate the stability of their employment, according to the study.


Show me the money! ...please

In terms of working conditions, the trend remains the same, observes Pierre Graff. Even before inflation hit, young people wanted higher wages rather than benefits. Currently, the majority of young professionals (63%) would rather have a salary increase equivalent in value to the cost of their insurance, rather than having group insurance, the study indicates.


“Salary remains the most important thing for young professionals,” he stresses.

“In the old polls, we noticed that there was an interest in keeping the achievements of previous generations, continues Pierre Graff. There is now a desire to have even more money even if we have to deprive ourselves of this type of advantage. »


The RJCCQ plans to survey young professionals with children to see if the trend will be different.


Declining careerists

The pandemic has made some people realize that a balance between work and personal life is healthier. A majority of young people aged 16 to 35, 62%, now say they prioritize their personal life. “We were surprised in the second survey, made in January 2022, by the proportion that personal life took on career, and it remained stable, he explains. Only 6% of people are careerists and will do anything to get ahead. »


“Inevitably, employers who call you at midnight or want you to work on the weekend will have less good press in the years to come with this young clientele,” he concludes.

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