Le ministre du Travail dit non à une hausse de l’âge de la retraite

Il veut toutefois convaincre les travailleurs de 65 ans et plus de rester au boulot


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PHOTO D'ARCHIVES STEVENS LEBLANC - Journal de Montréal

Source: Journal de Montréal | Olivier Bourque

Face à la pénurie de main-d’œuvre, le gouvernement caquiste a en sa possession quelques leviers, mais repousser la retraite à 67 ans n’est pas dans les cartons, a confirmé le ministre du Travail Jean Boulet.


«Nous continuons d’analyser nos options, notamment de nature fiscale, mais pour le moment, le rehaussement de l’âge de la retraite n’est pas envisagé», a-t-il souligné au Journal, en marge de la Conférence de Montréal.


Cela n’empêche toutefois pas le ministre de courtiser les travailleurs expérimentés afin de les retenir au travail, «un des bassins de main-d’œuvre sur lequel on doit continuer de travailler. Nous avons déjà fait beaucoup pour inciter les travailleurs expérimentés à rester ou retourner sur le marché du travail», explique-t-il.


Pour favoriser l’emploi de ces travailleurs, il existe au Québec un crédit d’impôt pour le prolongement de carrière, un programme de réduction de taxes sur les salaires et d’autres mesures qui permettent aux employeurs de réorganiser le travail.


«C’est important de rappeler qu’on a augmenté de 14,3 % le nombre de travailleurs de 65 ans et plus qui sont revenus dans le marché de l’emploi», précise-t-il.

Mais il y a encore beaucoup à faire pour convaincre ces travailleurs de continuer à travailler. Le mois dernier, la baisse de l’emploi observée au pays a été presque entièrement attribuable à la diminution du nombre de travailleurs âgés de 55 ans et plus.


Faisceau de solutions

«C’est pourquoi il faut additionner les solutions pour répondre aux défis de main-d’œuvre, croit-il. Il y a aussi les jeunes [...], les handicapés, les judiciarisés, les bénéficiaires d’aide sociale».


Il continue de croire que le Québec est dans une position précaire avec plusieurs départs à la retraite et un phénomène plus important de vieillissement de la population. Le ministre voit un creux historique en 2030 au moment où il y aura 1,4 million de postes vacants.


Pour faire face à ce défi, M. Boulet continuera à prendre son bâton de pèlerin afin de convaincre les entreprises de se moderniser.


«On a aussi mobilisé tous les partenaires du marché de l’emploi, on a fait des consensus sur la formation, la requalification, l’intégration des clientèles éloignées du marché de l’emploi. On a amélioré l’accès aux travailleurs étrangers temporaires», énumère-t-il.


Pour ce qui est du seuil de 50 000 nouveaux arrivants du gouvernement caquiste qui a été très critiqué par les milieux d’affaires, M. Boulet ne croit pas que le rehaussement aurait beaucoup d’impact.


«On respecte notre capacité d’intégration. Chez les personnes immigrantes qui sont ici de 0 à 5 ans, leur taux de chômage est de 13,2 %», fait-il valoir.


Des salaires plus élevés font toutefois partie des options à la disposition des entreprises «pour mieux recruter, mieux retenir», mais les avantages sociaux sont tout aussi importants, tout comme la conciliation travail-famille, croit-il.

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